Pendant longtemps, la stratégie climat des entreprises s’est concentrée sur un seul levier : réduire ses émissions de gaz à effet de serre (atténuation). Cependant, le climat se dérègle déjà. Les impacts physiques — canicules, sécheresses, inondations, événements extrêmes — affectent dès aujourd’hui les sites, les chaînes d’approvisionnement et les activités des organisations. L’adaptation au changement climatique répond à cet enjeu. 

L’adaptation consiste à anticiper ces impacts. Elle vise également à renforcer la résilience de l’entreprise face à des conditions climatiques qui ne reviendront pas à la normale. Atténuation et adaptation sont complémentaires : l’une agit sur les causes, l’autre sur les conséquences déjà engagées.  

Pour structurer cette démarche, la méthode OCARA (Operational Climate Adaptation and Resilience Assessment), développée par Carbone 4 avec le soutien de l’ADEME, s’est imposée comme le référentiel de référence national en France. Elle permet d’évaluer la résilience climatique des entreprises et construire un plan d’adaptation opérationnel. 

Comprendre les enjeux de l’adaptation au changement climatique

Le changement climatique génère deux types de risques physiques pour une entreprise : 

  • Des aléas chroniques : hausse progressive des températures moyennes, baisse de la disponibilité en eau, érosion côtière… 
  • Des aléas aigus : vagues de chaleur, inondations, tempêtes, incendies — des événements ponctuels mais de plus en plus fréquents et intenses. 

Ces risques touchent l’entreprise directement (sites, outils de production, salariés). Par ailleurs, ils affectent également la chaîne de valeur : fournisseurs, logistique, clients. Une analyse de résilience climatique sérieuse doit donc dépasser le seul périmètre opérationnel de l’entreprise pour intégrer l’ensemble de sa chaîne de dépendance.

La méthode OCARA : un référentiel pour évaluer la résilience climatique des entreprises

OCARA fournit un cadre méthodologique et un outil permettant de réaliser un diagnostic de résilience climatique. Ainsi, les entreprises peuvent structurer efficacement leur démarche d’adaptation. La méthode repose sur une nomenclature de 120 processus d’entreprise répartis en trois scopes de dépendance. Ces processus sont ensuite croisés avec différents aléas climatiques. En pratique, les résultats sont opérationnels et comparables : processus les plus exposés, impacts les plus matériels, aléas les plus critiques, pistes d’action prioritaires. 

OCARA pour PME — Diag Adaptation :  

Pour les PME et ETI disposant de moins de ressources, une version simplifiée et gratuite existe : OCARA pour PME (Diag Adaptation), développée par Carbone 4 avec l’ADEME et Bpifrance.

Construire un plan d’adaptation au changement climatique en trois étapes 

Analyser la résilience actuelle

Cartographier les processus de l’entreprise et évaluer leur exposition aux aléas climatiques déjà observés sur le ou les sites concernés. 

Projeter les risques futurs

Croiser cette exposition avec des scénarios climatiques (horizons 2030, 2050, 2100) pour anticiper l’évolution de la vulnérabilité, au-delà du seul climat actuel.

Construire un plan d’adaptation et de résilience

Prioriser les actions selon leur criticité et leur horizon temporel. Deux niveaux d’action se distinguent : 

  • Les mesures sans regret à court terme : actions dont la pertinence est acquise quel que soit le scénario climatique réalisé — et dont le coût de l’inaction est immédiat. 
  • Les transformations à moyen et long terme : adaptations structurelles qui requièrent une anticipation sur plusieurs cycles d’investissement. 

Les bénéfices de l’adaptation au changement climatique pour une entreprise 

L’adaptation n’est plus une option. C’est une condition de pérennité — et de plus en plus, un facteur de compétitivité direct :

    Continuité d’activité et maîtrise des coûts

    Un sinistre climatique non anticipé coûte toujours plus cher à gérer en urgence qu’à prévenir. Anticiper, c’est réduire l’exposition aux arrêts de production, aux surcoûts logistiques et aux pertes de chiffre d’affaires liées aux ruptures.

    Accès au capital et à l’assurance

    Les conditions de financement et d’assurabilité intègrent de plus en plus l’exposition climatique des actifs. Une entreprise capable de démontrer un plan de résilience structuré négocie de meilleures conditions — primes d’assurancetauxaccès au crédit — que ses concurrents non préparés. 

    Anticipation réglementaire à moindre coût

    Double matérialité CSRD, référentiels ACT Adaptation de l’ADEME… les exigences se renforcentS’y conformer en amont coûte structurellement moins cher que de rattraper le retard sous contrainte de calendrier. 

    Avantage concurrentiel et prise d’avance

    Dans un environnement qui se dérègle, les premiers acteurs à sécuriser leurs sites, leur chaîne d’approvisionnement et leur modèle économique prennent une avance durable sur des concurrents qui subiront les mêmes aléas sans s’y être préparés. Cette avance se traduit directement par des parts de marché, en particulier dans les secteurs  la fiabilité d’approvisionnement devient un critère de sélection client. 

    Argument commercial et accès aux marches

    De plus en plus de donneurs d’ordre et d’appels d’offres intègrent des critères de résilience climatique dans leurs critères de sélection fournisseurs. Une démarche d’adaptation documentée devient un différenciateur commercial, pas seulement un outil de gestion des risques. 

    Quelques illustrations concrètes : adaptation des horaires de chantier dans le BTP pour éviter les pics de chaleursurélévation d’équipements industriels sensibles aux inondations, reconversion progressive de certaines filières agricoles vers des cultures plus résilientes — des choix anticipés par les acteurs qui en tirent aujourd’hui un avantage opérationnel et commercial sur leurs concurrents. 

      Adaptation et décarbonation : deux leviers complémentaires pour la résilience de l’entreprise 

      La méthode OCARA offre aux entreprises un cadre rigoureux et opérationnel pour passer d’une conscience diffuse du risque climatique à un plan d’action structuré. Couplée à une stratégie de décarbonation, l’adaptation permet de sécuriser la pérennité de l’activité face à un climat qui ne reviendra pas en arrière. 

      Ainsi, pour les entreprises engagées dans leur transition écologique, l’adaptation constitue ainsi un complément indispensable aux démarches de réduction des émissions. L’une réduit les causes, l’autre sécurise l’activité face aux conséquences déjà engagées.

        Vous souhaitez évaluer la résilience climatique de votre entreprise ?

        NEPSEN vous accompagne dans votre démarche d’adaptation au changement climatique. Pour toute question, contacter Théo Tommasini, expert atténuation et adaptation au changement climatique : theo.tommasini@nepsen.fr

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