En France, les appels d’offres photovoltaïques (AO PV) structurent une part importante du développement solaire pour les projets de moyenne et grande puissance. En effet, entre évolution des volumes, nouveaux calendriers, adaptation des cahiers des charges et montée en puissance du stockage, leur compréhension est devenue indispensable pour les porteurs de projets.
Appels d’offres photovoltaïques : fonctionnement et mécanismes de soutien
Le soutien public au développement des énergies renouvelables photovoltaïques prend principalement la forme soit d’un guichet ouvert, soit d’un appel d’offres lorsque l’attribution du contrat passe par une mise en concurrence. Ainsi, lorsqu’un projet est lauréat d’un appel d’offres photovoltaïque, il est éligible à un complément de rémunération (CR). Le producteur vend l’électricité sur le marché de gros au prix de ce dernier et reçoit une prime qui vient compléter son revenu, égale à la différence entre un tarif de référence proposé dans la candidature du projet à l’appel d’offres et un prix de référence appelé « M0 » calculé mensuellement par l’État.
➤ Par ailleurs, les appels d’offres photovoltaïques visent à sélectionner, parmi les projets candidats, ceux qui contribueront au développement du solaire dans des conditions jugées les plus pertinentes par la puissance publique. Les candidats y proposent notamment un prix de soutien, et les projets sont classés selon plusieurs critères :
- Le prix,
- La qualité environnementale,
- L’implantation,
- La contribution au système électrique, etc.
De cette manière, ce mécanisme permet à l’État de piloter le rythme de développement de la filière et d’orienter les installations vers des typologies ou des segments de puissance prioritaires. La sélection des projets est effectuée par la Commission de Régulation de l’Energie (CRE) après instruction. Cette dernière publie des cahiers des charges auxquels les projets doivent répondre et des périodes de soumission des dossiers sont ouvertes plusieurs fois par an, avec des volumes appelés cohérents avec les objectifs de développement des énergies renouvelables fixés dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).
Les principaux segments d’appels d’offres en France
Dans l’Hexagone, les AO photovoltaïques sont organisés par segments de puissance. Voici les principaux :
| Segment d’appel d’offres | Puissance |
|---|---|
| AO Bâtiments, serres et ombrières | >500 kWc |
| AO PV Sol — centrales au sol et agrivoltaïque | 500 kWc à 30 MWc |
| AO simplifié bâtiments et ombrières | 100–500 kWc |
| Dispositifs innovants et autoconsommation |
Variable |
Les volumes de candidatures enregistrés par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) varient selon la configuration des projets :
– Centrales au sol : la sursouscription accentue la concurrence sur la puissance appelée.
– Bâtiments et ombrières (100–500 kWc) : le segment reste sous-souscrit par rapport aux objectifs fixés.
Le relèvement des exigences techniques et financières sélectionne désormais les dossiers sur leur viabilité réglementaire immédiate.
Une nouvelle structuration des appels d’offres : calendrier, volumes et cahier des charges
Avec la publication de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3), la structuration des appels d’offres évolue pour la période 2026-2028, avec un plafond annuel de 2,9 GWc de nouvelles capacités pouvant être appelées chaque année. La première période de candidatures est par ailleurs attendue pour juillet 2026 avec les volumes suivants appelés par typologie de centrale :
| Type d’appel d’offres | Volume appelé | Calendrier |
|---|---|---|
| AOS 100–500 kWc (bâtiments, ombrières, sol) | 288 MWc | 20-31 juillet 2026 |
| AO Centrales au sol | 925 MWc | 20-30 juillet 2026 |
| AO neutre toutes technologies (PV, éolien, hydroélectricité) | Non défini | Automne 2026 |
Les cahiers des charges de plusieurs appels d’offres ont été récemment publiés. Les exigences continuent de se renforcer, notamment en matière de résilience des chaînes d’approvisionnement et de cybersécurité des équipements. Il est désormais obligatoire que certains composants clés, parmi lesquels modules, cellules, onduleurs photovoltaïques ne proviennent pas exclusivement d’un pays tiers à l’UE et dominant dans la fourniture de ce composant. En pratique, de nombreux projets prévoyant l’installation d’équipements chinois ne peuvent plus prétendre aux compléments de rémunération de la CRE.
Parallèlement, la CRE envisage d’ajuster le calcul du prix de référence « M0 » en supprimant sa pondération par les seules heures de production solaire. Une telle modification encouragerait les centrales photovoltaïques à même de mieux répartir leur production tout au long de la journée, ce qui favoriserait les projets intégrant des solutions de stockage et de flexibilité. Cette révision, toujours en discussion, semble cependant être la tendance pour une meilleure intégration des énergies renouvelables dans le mix électrique national.
Le stockage : un nouveau modèle du photovoltaïque
Le développement du stockage répond à une limite désormais bien identifiée du photovoltaïque : une production concentrée en milieu de journée, parfois mal alignée avec les besoins du système électrique. Cette situation peut peser sur la valorisation de l’électricité produite et accroître certaines contraintes d’exploitation pour le réseau.
Ainsi, le stockage permet de décaler une partie de la production photovoltaïque vers des heures où la demande est plus forte et l’électricité mieux valorisée. Il améliore ainsi la flexibilité des installations et répond à des exigences croissantes en matière de service rendu au réseau.
De plus, d’abord porté par les grandes centrales au sol, le stockage se diffuse également à des projets de plus petite taille, en toiture, en ombrières ou en autoconsommation. Dans ces configurations, il peut contribuer à mieux articuler production photovoltaïque, consommation du site et coût de l’électricité.
Le stockage ne constitue toutefois pas une solution standard. Bien que les solutions de stockage se démocratisent actuellement à la faveur de la diminution rapide des coûts au kWh de batterie installé, leur pertinence dépend du profil de consommation, du dimensionnement de l’installation et des conditions de valorisation de l’énergie. Une analyse technico-économique reste donc indispensable pour évaluer l’intérêt réel d’un couplage entre centrale photovoltaïque et batterie.
Les impacts pour les porteurs de projet
Les évolutions des appels d’offres photovoltaïques pour 2026 ont un impact très concret sur les porteurs de projets, qu’ils soient développeurs privés, entreprises des secteurs tertiaires ou industriels ou encore acteurs publics (collectivités, établissements publics, etc.). Désormais, elles imposent d’intégrer, dès la conception d’un projet, les paramètres qui relevaient auparavant de l’optimisation économique. Elles renforcent également l’importance de la maîtrise du calendrier, de la réglementation et de la performance économique de la centrale photovoltaïque.
L’enjeu est donc d’anticiper dès maintenant :
-
Les délais de raccordement réseau
qui s’allongent et doivent être pris en compte dès la phase de développement.
-
Les contraintes foncières et administratives
qui conditionnent le calendrier global du projet.
-
L’intégration éventuelle du stockage
dont la pertinence doit être évaluée en amont, pas en phase d’optimisation.
En outre, la qualité de la candidature devient à cet égard un point décisif : au-delà de la sélection elle-même, elle conditionne souvent la bonne exécution du projet. Dans les faits, la réussite d’une opération photovoltaïque se joue de plus en plus dès la phase de montage, où l’ingénierie permet de fiabiliser les choix, de sécuriser le calendrier et de présenter un dossier techniquement crédible, économiquement robuste et réellement réalisable.
L’accompagnement NEPSEN sur les appels d’offres photovoltaïques
➤ Face à l’évolution rapide des appels d’offres photovoltaïques, des mécanismes de soutien et de la place croissante du stockage, NEPSEN se positionne comme un partenaire d’ingénierie capable d’apporter une lecture claire, actualisée et opérationnelle du cadre de développement des projets. En effet, cette expertise repose sur une veille réglementaire active et une implication continue dans les échanges de la filière, afin d’identifier sans délai les évolutions qui comptent réellement pour les porteurs de projets.
Par conséquent, cette veille permet à NEPSEN de traduire rapidement les évolutions du cadre de marché en décisions de projet concrètes et sécurisées. NEPSEN intervient ainsi à différentes étapes du développement et de la réalisation des installations photovoltaïques :
- Etudes amont ;
- Assistance au développement ;
- Structuration technique du projet ;
- Maîtrise d’œuvre complète : du cahier des charges à la réception du chantier.
Vous portez un projet photovoltaïque et souhaitez anticiper les évolutions des appels d’offres 2026 ?
NEPSEN vous accompagne pour traduire ces évolutions réglementaires en décisions de projet concrètes et sécurisées : du dimensionnement initial à la réception du chantier.
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